La peinture, c'est la poésie du silence
La peinture, c'est la poésie du silence
Faire des copies de tableaux que l'on aime est un grand plaisir.
C'est à la fois un apprentissage des techniques utilisées par les maîtres, une manière originale de se constituer une collection personnelle mais aussi une possibilité de peindre ses propres
créations en s'inspirant des meilleurs.
Pour ceux qui souhaiteraient se lancer dans cette activité et qui n'ont pas toutes les bases techniques permettant d'arriver au résultat qu'ils espèrent, un stage sera organisé cette année ;
on y abordera tous les aspects : report du dessin, les supports, les fonds, les constituants de la couche picturale, les glacis, les vernis et même l'histoire des tableaux.
Des précisions figureront sur ce blog dans les prochains jours.
Ma dernière copie réalisée au Louvre est le tableau de Fragonard (1732-1806) intitulé le Verrou (1777)
Le tableau représente un sujet plutôt coquin, un jeune homme et une jeune femme, dans une chambre.
Très étrangement, ce tableau est le pendant d'un autre tableau à sujet religieux ,l'Adoration des bergers, commandé par le même mécène. pouvaient-ils vraiment être accrochés ensemble ?
Les historiens d'art, et les visiteurs, se posent de nombreuses questions sur la scène peinte par Fragonard, peintre souvent malicieux ; par exemple dans quelle chambre sommes nous ? la dame
est-elle d'accord avec les intentions assez explicites du jeune homme ? celui-ci ferme-t-il ou ouvre-t-il le verrou ? la scène se situe-t-elle avant ou après (la répone est plus aisée car
le peintre a laissé un indice).
Pour le copiste que je suis, ce sont les drappés qui me semblaient intéressants. Le sujet aussi bien sûr.
La photo ci-dessus est celle de l'original du Louvre, la copie n'étant pas encore sèche et donc pas encore vernie.
A lire "le Verrou " par Guillaume Farnoult (ed. RMN ) conservateur au musée du Louvre et professeur à l'école du Louvre, qui fourmille de renseignements sur ce tableau célèbre mais
énigmatique et qui apporte bien sûr les réponses à ces questions.
Ce tableau est très prisé des visiteurs du Musée d'Orsay. Les conférenciers viennent souvent devant cette toile pour illustrer le fait que
les impressionnistes n'utilisaient pas la couleur noire dans leur palette ; de même, la neige n'est jamais blanche ; c'est un camaïeu de gris, bleutés et violacés pour les ombres, orangés,
rosés et jaunes pour les parties éclairées. Le résultat est un tableau particulièrement lumineux.
Grand moment que de copier ce tableau sur le site d'Orsay car Claude Monet mélangeait souvent ses couleurs directement sur la toile et les effets ne peuvent se voir que de très près ; même
la meilleure des photos ne peut rendre la texture de la couche picturale et la virtuosité de la touche.